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Antinéoplasiques en milieu hospitalier. Etude pilote sur l’exposition potentielle du personnel d’hygiène et de salubrité.
Etude et rapport | R-1090
Edition : Montréal (Canada), Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), 2020, 68 p., ill., bibliogr.
Certains antinéoplasiques (ANP), utilisés pour le traitement du cancer, sont eux-mêmes classés cancérogènes et peuvent avoir d’autres effets toxiques chez des travailleurs qui les manipulent. L’incidence du cancer et le nombre de personnes vivant avec le cancer ne cessent d’augmenter, ce qui permet d’envisager une augmentation des quantités d’ANP utilisées et du nombre de travailleurs potentiellement exposés. Une étude menée par l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique du Centre hospitalier universitaire Ste-Justine a montré que plusieurs prélèvements effectués sur des surfaces touchées par le personnel infirmier et par celui de la pharmacie montraient des résidus d’ANP. Il n’y a cependant pas de données sur l’exposition du personnel d’hygiène et de salubrité (HS) ; or, plusieurs organismes en santé et en sécurité du travail soulignent l’existence d’un potentiel non négligeable de contact cutané pour ce personnel. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’exposition potentielle à des ANP couramment utilisés en mesurant la contamination des surfaces fréquemment touchées lors de tâches d’hygiène et de salubrité en milieu hospitalier. Les objectifs secondaires étaient d’explorer la faisabilité et l’acceptabilité par le personnel d’effectuer des frottis de leurs mains, et de valider l’analyse de sept ANP de plus que les trois pour lesquels une méthode d’analyse était disponible au Centre de toxicologie du Québec (CTQ). Cette étude a estimé pour la première fois au Canada la contamination par les ANP des surfaces de travail manipulées par les travailleurs d’hygiène et de salubrité en milieu hospitalier. Elle met en évidence un potentiel important d’exposition. Bien que ne prouvant pas l’exposition ou l’absorption des ANP par ces travailleurs, les résultats remettent en question les pratiques de gestion de la manipulation des médicaments dangereux et ouvrent un éventail d’actions préventives à développer et de moyens à mettre en place. Il faut notamment mentionner la formation du personnel HS sur la manipulation des médicaments dangereux et une analyse des techniques et équipements de travail d’hygiène et de salubrité visant à optimiser la prévention de la contamination par des médicaments dangereux. Cette étude a permis de valider l’analyse de sept ANP supplémentaires tout en testant l’acceptabilité, pour le personnel, de déceler la contamination cutanée par des frottis des mains. Les résultats obtenus pourront orienter les activités de prévention de l’exposition aux médicaments dangereux dans le secteur de la santé.
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