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Explorer les modalités du télétravail et ses conséquences potentielles sur la santé : une revue des revues systématiques.
Brochure | Numéro 3760
Edition : Québec (Canada), Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), décembre 2025, 73 p., ill., bibliogr.
La pandémie de COVID-19 a fortement accéléré l’adoption du télétravail, qui s’est depuis installé durablement dans de nombreux secteurs. Cette évolution soulève toutefois des préoccupations quant à ses effets potentiels sur la santé des travailleuses et travailleurs. Le document présente un état des connaissances fondé sur une revue des revues systématiques publiées entre 2017 et 2024, complétée par une recherche de littérature grise. L’objectif était de décrire les différentes modalités du télétravail et d’évaluer ses impacts possibles sur la santé, ainsi que les facteurs de risque et de protection, tant organisationnels que personnels. Les résultats montrent que le télétravail est généralement défini comme une activité professionnelle réalisée à distance du lieu de l’employeur à l’aide des technologies de l’information. Toutefois, la littérature ne s’accorde pas sur plusieurs aspects essentiels, notamment le lieu précis de réalisation (domicile ou autre), le temps consacré (temps plein, partiel, hybride ou occasionnel) et le caractère volontaire ou imposé du télétravail. Parmi les 399 résultats recensés, une seule revue systématique a été jugée pertinente et de qualité suffisante. Celle-ci incluait deux méta-analyses et permettait de conclure que, dans un contexte pandémique, le télétravail est associé à une diminution modeste de l’activité physique et à une augmentation modeste des comportements sédentaires. En revanche, faute de données probantes suffisantes, il n’a pas été possible d’établir une association claire entre le télétravail et la santé musculosquelettique, cardiovasculaire, oculaire ou psychologique, ni avec d’autres facteurs de risque ou de protection personnels ou professionnels. L’interprétation des résultats est limitée par plusieurs facteurs, notamment l’impossibilité de distinguer les effets du télétravail selon les périodes prépandémique, pandémique et postpandémique. Le document souligne ainsi la nécessité de mener de nouvelles recherches afin de mieux comprendre les effets à long terme du télétravail, de déterminer les seuils d’exposition critiques et d’analyser les impacts différenciés selon les profils de travailleurs.
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