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Réadaptation au travail chez les 45 ans et plus dans le secteur de la santé et des services sociaux.
Etude et rapport | R-1060
Edition : Montréal (Canada), Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), 2019, 86 p., ill., bibliogr.
Cette étude visait trois principaux objectifs : cartographier les trajectoires de retour au travail des 45 ans et plus ayant expérimenté une lésion professionnelle, dans le secteur de la santé et des services sociaux, en tenant compte de différences éventuelles suivant le sexe, examiner les facteurs associés aux diverses trajectoires et cartographier les pratiques en matière de réadaptation des travailleurs les plus âgés et identifier celles qui soutiennent ou entravent le retour en emploi des travailleurs plus âgés ayant expérimenté une lésion professionnelle. Combinant une approche longitudinale et un devis mixte, l’étude est organisée en deux composantes : une composante quantitative et une composante qualitative. Concernant la composante quantitative, elle étudie les trajectoires de retour au travail des 45 ans et plus et analyse des facteurs qui y sont associés. Le devis est une étude prospective longitudinale d’une cohorte de travailleurs de 45 ans et plus œuvrant dans le secteur de la santé et des services sociaux. La composante qualitative est une cartographie des pratiques organisationnelles en matière de réadaptation au travail. Le devis est une étude de cas multiples (3 cas) avec niveaux d’analyse imbriqués. L’exercice de classification a permis de distinguer quatre trajectoires que suivent les répondants âgés de 45 ans et plus à la suite d’un accident de travail : diminution progressive des heures travaillées, retour progressif lent, retour d’emblée à la situation normale et retour progressif rapide. Pour les deux dernières trajectoires, qui regroupent les trois quarts des répondants, ces derniers vont retrouver le niveau des heures travaillées avant la survenue de la lésion, soit d’emblée au retour au travail, soit graduellement durant les six périodes de 15 jours qui suivent ce retour. Cependant, pour les deux premières trajectoires, qui regroupent le quart des répondants, ces derniers étaient encore loin du niveau des heures travaillées, à leur sixième période après le retour au travail et l’une des deux trajectoires accuse même une courbe descendante. Les analyses multivariées n’auront fait ressortir que deux principaux facteurs associés aux trajectoires les plus défavorables : les exigences psychologiques plus élevées de l’emploi et une durée d’absence plus longue. Les analyses ont également permis de faire ressortir trois principaux constats : des systèmes et procédures organisationnels qui n’ont pas encore atteint leur plein niveau de maturité, avec comme corolaires : un monitorage parfois incomplet des problèmes de santé et de sécurité du travail (SST), des procédures d’analyses des évènements pas suffisamment approfondies, une communication déficiente et un manque de coordination ; un engagement limité de certains acteurs organisationnels dans la résolution des problèmes de SST ; des lacunes qui touchent à la fois l’étendue et la profondeur des interventions organisationnelles. Cette étude suggère cinq pistes qui peuvent être suivies par les organisations pour optimiser leurs systèmes de surveillance, de prévention et de prise en charge des lésions professionnelles chez leurs travailleurs plus âgés : porter une attention prioritaire à deux sous-groupes particulièrement vulnérables, miser sur l’organisation du travail comme levier d’intervention, investir dans des mécanismes visant à assurer l’engagement de l’ensemble des acteurs organisationnels, renforcer les systèmes organisationnels de prévention et de prise en charge des situations de lésions professionnelles et miser sur des actions qui visent concomitamment les travailleurs et leur environnement de travail.
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