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Risque de surdité chez les ferblantiers de l'économie informelle à Cotonou.
Article
Publié dans : Archives des maladies professionnelles et de l'environnement, vol. 80, n° 1, février 2019, pp. 47-53, ill., bibliogr.
Le défaut d'organisation et l'absence de mesures préventives dans le secteur d'activité informelle fait le nid d'importants facteurs de risque préjudiciables à la santé des travailleurs. Une étude réalisée dans la ferblanterie à Cotonou avait pour objectif d'évaluer le niveau d'exposition au bruit et l'état de santé auditive chez les ferblantiers concernés. Une étude transversale prospective a été menée du 15 juillet au 31 décembre 2016. Elle a porté sur 135 ferblantiers du site de ferblanterie de Midombo. L'exposition au bruit a été mesurée à l'aide d'un sonomètre intégrateur et chaque ferblantier a subi une audiométrie tonale. La population de ferblantiers était exclusivement masculine, avec un âge moyen de 27 plus ou moins 11 ans. La durée moyenne d'exposition au bruit était de 13 plus ou moins 10 ans. Ils travaillaient en moyenne dix heures par jour et sont exposés à un niveau sonore équivalent de 90,6 plus ou moins 4,8 dB(A). Ils ne disposent d'aucune mesure de protection contre le bruit. La tranche d'âge de 15 à 29 ans (55,6 %) est la plus exposée aux niveaux sonores élevés (91 à 98 dB). La prévalence des déficits auditifs relevés est de 99,26 % et dominée par le déficit auditif bilatéral symétrique (79,3 %). Ces déficits auditifs sont proportionnels à l'âge, à la durée et au niveau d'exposition au bruit. En conclusion, les ferblantiers sont exposés à des niveaux sonores inacceptables au regard de la réglementation. La forte prévalence des déficits auditifs dépistés nécessite des mesures préventives urgentes en vue de réduire le risque de surdité professionnelle pour ces travailleurs de l'économie informelle.