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Evolution of psychosocial factors at work in a French region.
(Evolution des facteurs psychosociaux professionnels dans une région française).
Article
Publié dans : Occupational Medicine, Royaume-Uni, vol. 66, n° 2, mars 2016, pp. 128-134, ill., bibliogr. (En anglais)
Les facteurs psychosociaux au travail (PFW) peuvent être définis comme correspondant à tous les risques professionnels qui ne sont pas d’origine physico-chimique. Plusieurs modèles épidémiologiques ont été proposés pour les mesurer, mais celui qui est le plus largement utilisé est le modèle de Karasek. Le but de cette étude était de déterminer si les facteurs psychosociaux, évalués à l’aide du questionnaire de Karasek, étaient en augmentation au sein d’une cohorte de travailleurs. Un échantillon aléatoire de travailleurs dans la région française des Pays de la Loire, qui pourraient être considérés comme représentatifs de la population salariée régionale, ont répondu à un auto-questionnaire, incluant celui de Karasek, en 2002-2005 et 2007-2009. Le questionnaire de Karasek peut être utilisé pour étudier trois dimensions psychosociales (les exigences psychologiques, la latitude décisionnelle et le soutien social au travail) chez des travailleurs afin de définir deux situations à haut risque pour leur santé : les états de job-strain et d’iso-strain. Les modifications en termes de job-strain et d’iso-strain chez les travailleurs ont été étudiées en fonction de leurs caractéristiques sociodémographiques et de leurs conditions de travail. Les résultats ont montré, dans cet échantillon de 2 049 travailleurs, que la proportion d’états d’iso-strain a augmenté de 12 à 16 % entre les deux périodes, principalement parmi les travailleurs manuels. La détérioration des indicateurs de Karasek s’expliquait surtout par une augmentation de la dimension « faible soutien social » (38 contre 49 %). Les conditions de travail telles que l’emploi à temps partiel des collègues et les efforts physiques perçus élevés étaient associées à des PFW élevés. En conclusion, cette étude, basée sur un modèle quantitatif et collectif, montre une détérioration des environnements collectifs de travail et une augmentation du risque pour la santé mentale individuelle dans cette cohorte de salariés français au cours des dernières années.