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Occupational health physicians and the impact of the great recession on the health of workers : a qualitative study.
(Médecins du travail et impact de la grande récession sur la santé des salariés : étude qualitative).
Article
Publié dans : La Medicina del lavoro, Italie, vol. 106, n° 6, novembre-décembre 2015, pp. 412-423, ill., bibliogr. (En anglais)
L'Italie est l'un des pays de l'Eurozone que la crise économique de 2008 a le plus touché, avec une chute de 9 % du PIB entre 2008 et 2013. Les effets négatifs de cette récession sur la santé de la population italienne ont été documentés au niveau national. De plus, certaines études locales ou régionales sont à présent disponibles dans les publications scientifiques. Les auteurs de cet article ont eu pour objectif d'évaluer l'impact de cette récession sur la santé des salariés dans la région industrielle de Sassuolo dans le nord de l'Italie, et de fournir des recommandations pour cibler les interventions. 2 groupes focus incluant 8 médecins du travail de la région ont été constitués. Ils ont chacun été invités à s'exprimer sur cette crise durant une réunion dont les propos ont été retranscrits. Ces données ont été analysées par le logiciel MAXQDA 11 selon les principes de la "théorie ancrée". 261 segments ont été codés et classés en 4 zones. La première, "changements dans le monde contemporain", a souligné que la récession peut aggraver des problèmes pré-existants, en accélérant la réduction du personnel et des bénéfices. La seconde, "aire sociale", suggère une réduction du capital social vertical et le commencement de nouveaux processus d'émigration. La troisième, "aire de travail", est caractérisée par la peur des salariés de perdre leur emploi en cas de maladie et par une réduction du capital social horizontal qui rend plus difficiles les relations entre collègues. La quatrième, "aire médicale", indique une détérioration générale du niveau de santé des salariés du secteur de la céramique par rapport aux années précédentes. Les médecins du travail ont signalé l'existence de troubles musculosquelettiques, gastriques, de céphalées de tension, des syndromes du colon irritable, des lombalgies, des crises de panique, des insomnies, de la tachycardie et bien d'autres symptômes sans explication médicale. On relève plus de problèmes anxieux que dépressifs, et une augmentation de la consommation d'antidépresseurs et de benzodiazépines a été notée. L'impact local de cette crise sur la santé a été principalement négatif, en accord avec les conclusions nationales. Les professionnels de la santé mentale pourraient travailler en concertation avec les médecins du travail au travers de groupes Balint pour développer des interventions cliniques et psychosociales ciblées afin de répondre aux besoins médicaux, psychologiques et sociaux des salariés.