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Les différentes pathologies pleuropulmonaires liées à l’amiante : définitions, épidémiologie et évolution.
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Publié dans : Revue des maladies respiratoires, vol. 29, n° 8, octobre 2012, pp. 1035-1046, ill., bibliogr.
Les plaques pleurales (fibrose de la plèvre pariétale), sont parfois observées après des expositions faibles. Leur prévalence peut atteindre 70 % dans des populations fortement exposées. La fibrose de la plèvre viscérale est beaucoup moins fréquente. Elle n’est pas spécifique de l’amiante. L’incidence de l’asbestose (fibrose du poumon induite par l’exposition à l’amiante) est en diminution en France. Selon les données du Programme national de surveillance du mésothéliome pour la période 1998–2003, le nombre annuel de cas incidents de mésothéliomes pleuraux varie de 646 à 800. Les cancers bronchopulmonaires primitifs (CBP), dus à l’amiante, n’ont pas de spécificité clinique, radiologique ou anatomopathologique. L’INVS a estimé entre 2 086 et 4 172 le nombre de CBP attribuables à l’amiante en 1999. Un rapport (2007) de l’Académie nationale de médecine, de l’Académie des sciences et du Centre international de recherche sur le cancer, a pour sa part évalué l’incidence du CBP attribuable à l’amiante à 969 cas chez l’homme et 133 cas chez la femme en 2000. Le risque de CBP est augmenté dans des populations exposées à l’amiante, même en l’absence de signes radiographiques de fibrose pulmonaire. A exposition cumulée identique, l’asbestose majore le risque de CBP. Sur la base d’études radiographiques, les plaques pleurales sont associées à un risque accru de CBP et de mésothéliome. A exposition cumulée identique à l’amiante, il n’est pas établi que la présence de plaques pleurales confère un risque majoré de développer un cancer thoracique.