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Approche diagnostique et prise en charge de l’hypertension artérielle chez le personnel soignant du district d’Abidjan (Côte d’Ivoire).
Article
Publié dans : Revue d'épidémiologie et de santé publique, vol. 60, n° 1, février 2012, pp. 41-46, ill., bibliogr.
Très peu de données épidémiologiques existent sur l’hypertension artérielle (HTA) chez le personnel soignant. Le but de cette étude était d’évaluer la démarche diagnostique et la prise en charge de l’HTA chez le personnel soignant afin de proposer une stratégie d’amélioration de cette prise charge. Il s’agissait d’une étude prospective de 821 sujets appartenant au personnel soignant des hôpitaux publics d’Abidjan, dont 208 médecins, 464 agents techniques de santé (infirmiers et sages-femmes) et 149 aides-soignants. L’échantillon comprenait 59 % de femmes et 41 % d’hommes. L’âge moyen était de 42,9 ans. La prévalence globale de l’HTA était de 17,5 %, égale à 48,1 % chez les médecins hospitalo-universitaires, 13,6 % chez les médecins hospitaliers, 14,9 % chez les agents techniques de santé et 18,8 % chez les aides-soignants. La découverte de l’HTA était survenue dans 86,9 % des cas au cours de l’activité professionnelle et dans 74,3 % des cas à la suite d’une symptomatologie fonctionnelle simple ou compliquée. Ce diagnostic a été effectué par un médecin dans 77,8 % des cas et dans 22 % des cas par un agent technique de santé. Le suivi était fait majoritairement par un cardiologue (67,8 %), puis par un médecin généraliste (15,7 %). Néanmoins, 10,7 % des hypertendus n’étaient pas suivis et 5,8 % pratiquaient un auto-suivi. La monothérapie a été majoritairement utilisée (49,6 %), suivie de la bithérapie (36,4 %). Dans 71,1 % des cas, les sujets avaient des difficultés à suivre correctement leur traitement antihypertenseur. Parmi eux, 40,5 % étaient des mauvais observants et 30,6 % avaient de minimes problèmes d’observance thérapeutique. Parmi les mauvais observants, 29,7 % avaient interrompu définitivement leur traitement, sept autres n’avaient jamais accepté de le prendre. Une mauvaise observance été mise en évidence majoritairement chez les aides-soignants (53,9 %) et chez les agents techniques de santé (42,6 %). Les patients en bithérapie ou trithérapie étaient meilleurs observants que ceux en monothérapie.