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Strategic foresight. Which workers in Europe are vulnerable to uberisation ?
(Prospective stratégique. Quels travailleurs sont vulnérables à l'ubérisation ?).
Etude et rapport
Edition : Bruxelles (Belgique), European Trade Union Confederation (ETUC), décembre 2025, 60 p., ill., bibliogr.
Ce rapport de la Confédération européenne des syndicats (ETUC) analyse les secteurs et catégories de travailleurs en Europe les plus vulnérables à l’ubérisation, entendue comme la généralisation des plates-formes numériques de travail organisant la vente et l’achat de la force de travail. L’objectif est de fournir un outil de prospective stratégique permettant d’anticiper l’extension de ce modèle et d’en comprendre les déterminants. Le document définit l’ubérisation comme une transformation de l’organisation du travail reposant notamment sur le recours massif au travail indépendant, le paiement à la tâche, la gestion algorithmique, la surveillance numérique et l’affaiblissement des protections sociales et des droits du travail. Il propose une méthodologie fondée sur quatre préconditions (technologiques, économiques, politiques et de relations professionnelles) et sur dix indicateurs de vulnérabilité, tels que les effets de réseau, l’externalisation des coûts et des risques vers les travailleurs, la fragmentation du travail en tâches distinctes, la gestion algorithmique, le télétravail, la privatisation des services publics ou encore la faiblesse du pouvoir de négociation collective. A partir d’une grille d’évaluation en "feux tricolores", six secteurs sont identifiés comme particulièrement exposés : l’aide à domicile, l’éducation, les soins de santé mentale, la musique, le travail intérimaire et l’annotation de données. Le rapport montre que ces secteurs combinent précarité de l’emploi, attractivité pour les investisseurs et conditions favorables à l’implantation de plates-formes numériques. Enfin, le document propose des pistes d’action syndicale articulées autour de la prévention de l’ubérisation et de stratégies de "désubérisation", visant à lutter contre le faux travail indépendant, à encadrer la gestion algorithmique et de permettre aux travailleurs d'exercer un certain contrôle sur les technologies avec lesquelles ils travaillent.