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De l’exploitation familiale à la mobilisation collective. La place des conjointes dans un mouvement d’agriculteurs victimes des pesticides.
Article
Publié dans : Travail et emploi, n° 147, juillet-septembre 2016, pp. 77-100, ill., bibliogr.
Dans cet article, les auteurs étudient les liens entre les transformations à l’oeuvre dans la sphère privée des familles d’agriculteurs et les modalités de la représentation publique de la profession agricole. Pour cela, ils s’interrogent sur la place des femmes dans un mouvement d’agriculteurs qui s’estiment victimes des pesticides. Ils montrent qu’en tant que conjointes, elles constituent un appui décisif dans le parcours qui permet à leurs époux de se considérer et de se revendiquer comme des victimes des pesticides. Les auteurs mettent également en évidence l’ambiguïté de leur positionnement dans l’action collective : reconnues comme d’indispensables relais de la mobilisation, elles restent essentiellement limitées à ce rôle d’intermédiaires, n’accédant elles-mêmes au statut de victimes qu’indirectement, par l’expérience du deuil. Si cette dernière légitime leur place au sein de l’association, elle induit également un éloignement vis-à-vis du monde agricole, générant d’inévitables tensions.