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Surveillance post-professionnelle : enjeux, modalités et obstacles.
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Publié dans : Revue du praticien, vol. 64, n° 3, mars 2014, pp. 369-380, ill., bibliogr.
La mise en place d’un suivi post-professionnel, par le médecin traitant, des travailleurs exposés à certaines substances toxiques à effets différés (agents cancérogènes et agents pneumoconiogènes) est indispensable. Toutefois, c’est encore un dispositif complexe actuellement sous-utilisé par les ex-salariés qui pourraient ou devraient en bénéficier. On estime que surviennent annuellement en France 20 000 cancers imputables à des expositions professionnelles, qu’environ 25 % des hommes retraités ont été exposés à l’amiante au cours de leur vie professionnelle, et 8 % aux poussières de bois. Il existe depuis 1995 un dispositif de surveillance médicale post-professionnelle pour les personnes inactives, demandeuses d’emploi ou (pré-)retraitées qui au cours de leur activité salariée ont été exposées à certaines nuisances pneumoconiogènes et/ou à des agents cancérogènes d’origine professionnelle. Ce dispositif est largement méconnu et sous-utilisé. Les obstacles à cette surveillance sont multiples et complexes. Le principal est le manque d’information des différents acteurs impliqués (salarié, ex-salarié, médecins, employeurs), mais les perspectives sont optimistes. La consolidation des liens entre les médecins traitants et du travail est indispensable pour rendre plus performante la surveillance post-professionnelle. Cet article fait partie d'une monographie sur les maladies professionnelles (INRSbiblio 00085468).