Symptoms of depression in ICU physicians.


(Symptômes de dépression chez les médecins des services de soins intensifs).


Article

EMBRIACO N. | HRAIECH S. | AZOULAY E. | BAUMSTARCK-BARRAU K. | ET COLL.

Publié dans : Annals of Intensive Care, (e-revue), vol. 2, n° 34, 27 juillet 2012, 16 p., ill., bibliogr. (En anglais)

Travail et famille sont deux domaines qui permettent à la plupart des adultes de s'accomplir dans la vie. Mais ils sont également à l'origine d'expériences contraignantes, en particulier le travail qui est de plus en plus perçu comme source de stress et de détresse mentale. Des symptômes dépressifs pourraient être liés à des conditions de stress répétées. Les médecins qui travaillent dans les unités de soins intensifs (USI) sont exposés à des facteurs de stress importants. Le but de cette étude était d'évaluer la prévalence, et les facteurs de risque associés, des symptômes dépressifs chez des médecins, jeunes et seniors, exerçant en USI. Une enquête nationale a été menée sur une journée dans des USI d'hôpitaux publics en France. Les symptômes dépressifs ont été évalués à l'aide de l'échelle CES-D (Centers of Epidemiologic Studies Depression Scale). Au total, 189 USI ont participé, et 901 questionnaires ont été renvoyés (taux de réponse 75,8 %). Des symptômes ont été trouvés chez 23,8 % des répondants. 58 % de ces médecins présentant des symptômes de dépression souhaitaient quitter leur travail contre seulement 33 % chez ceux qui ne présentaient pas de symptômes (p < 0,0001). Une analyse par régression logistique multiple montrait que des facteurs organisationnels étaient associés à la présence de symptômes dépressifs. La charge de travail (évaluée par la longueur de l'intervalle de temps depuis le dernier repos de fin de semaine, et par l'absence de relève de service le jour suivant une nuit de garde) et la détérioration des relations avec les autres médecins étaient indépendamment associées à la présence de symptômes dépressifs. Un niveau élevé d'épuisement professionnel était également lié à la présence de symptômes. Au contraire, aucun facteur démographique concernant ces médecins ni aucun facteur lié à la gravité des pathologies des patients n'ont été retenus par le modèle. La qualité des relations avec les médecins d'autres services était associée à l'absence de symptômes (effet protecteur). En conclusion, environ 1 sur 4 des médecins de soins intensifs présentaient des symptômes de dépression. La prochaine étape devrait être de chercher si des modifications organisationnelles sont liées à une diminution des symptômes dépressifs et des intentions de changer de service.

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