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La croyance au monde juste comme facteur explicatif de diverses réactions à des injustices professionnelles.
Article
Publié dans : EPTO, (e-revue), vol. 17, 2011, pp. 171-185, ill., bibliogr.
La croyance en un monde juste a été définie comme la tendance à considérer qu’« on obtient ce qu’on mérite et on mérite ce qu’on obtient », c'est-à-dire à supposer que le monde est, globalement, un lieu de justice. Face à un individu injustement victime d'événements négatifs et pour lequel il semble impossible de rétablir objectivement la justice, il est fréquent de nier l'existence de l'injustice, quitte à responsabiliser la victime. Il est certes possible de réagir en adoptant des stratégies de rééquilibrage passives (en responsabilisant la victime, en faisant appel à un destin compensateur, etc.), mais également d’adopter des stratégies plus actives susceptibles de rétablir objectivement l’injustice perçue. Les auteurs ont cherché à déterminer si le degré de croyance au monde juste n'a pas une influence sur la stratégie de rééquilibrage choisie face à des injustices professionnelles. Ils ont demandé à 171 salariés de répondre successivement à deux questionnaires : tout d’abord un questionnaire destiné à mesurer leur degré de croyance au monde juste, puis un questionnaire présentant 3 cas d’injustices professionnelles avec, à la suite de chaque cas, plusieurs réactions possibles, les unes passives et les autres traduisant des conduites actives susceptibles de rétablir objectivement la justice. Les résultats indiquent effectivement des préférences dans l’usage de telle ou telle stratégie, préférences accentuées par le genre et le statut.